Mocassin de Winnipeg

Le mocassin ojibwé symbolise les peuples ojibwés et, plus largement, la présence autochtone sur l’ensemble du territoire du Traité 1, notamment les communautés ojibwées, cries, oji-cries, dakota, dénés et métisses, dont les liens avec la terre s’expriment à travers les déplacements, les liens de parenté, la récolte, la gouvernance, les cérémonies et le respect des générations futures. Dans la collection de Moccasin Identifier, ce mocassin est lié à Winnipeg, au Manitoba, et au Traité 1.

Ce mocassin reflète le savoir-faire en matière de conception façonné par les déplacements sur terre, la construction pratique et le perlage expressif. Il s’agit d’un mocassin en deux parties

arrivant à la cheville, doté d’un revers et d’une empeigne entièrement ornés de perles. Confectionné en peau de cerf fumée, il est doté d’une semelle souple, d’une couture centrale qui se prolonge vers l’avant en un bout pointu et d’une couture en T à l’arrière au niveau du talon. Ces détails de fabrication reflètent le savoir-faire lié à la terre, le confort, le mouvement et la durabilité.

Sur le plan matériel et artistique, ce mocassin ojibwé est à la fois fonctionnel et beau. Le revers présente un motif floral sauvage et des vrilles en perles, tandis que l’empeigne arbore

un motif floral « Prairie Smoke ». L’équilibre entre le cuir fumé uni et les perles décoratives donne au motif une impression de mouvement, permettant aux motifs floraux de se répandre sur le mocassin tout en mettant en valeur le matériau lui-même. Cet équilibre reflète à la fois l’aspect pratique de la chaussure et le savoir artistique transmis par les traditions de perlage.

Ce mocassin permet également de découvrir le Traité 1, le premier des Traités numérotés. Le Traité 1 a été signé en 1871 dans ce qui est aujourd’hui le Manitoba, à une époque de grands changements, alors que le Canada s’étendait vers l’ouest et que les colons s’installaient sur les terres des Premières Nations. Les dirigeants des Premières Nations ont entamé des discussions sur les traités pour protéger leur peuple, leurs terres, leurs moyens de subsistance et les générations futures. Le résumé du traité indique que les Premières Nations ne considéraient pas les traités numérotés comme la vente ou la cession de terres, mais comme des accords pour partager la terre et vivre pacifiquement ensemble.

Pendant les négociations sur les traités, les dirigeants des Premières Nations considéraient les promesses orales et les cérémonies comme sacrées et contraignantes. On leur avait promis une aide sous forme de nourriture, de médicaments, d’écoles, d’outils, ainsi que le maintien de leur droit de chasser, de pêcher et de poser des pièges. Bon nombre de ces promesses n’ont pas été pleinement inscrites dans les documents du traité ou ont été rompues par la suite, ce qui a causé un préjudice durable et donné lieu à des interprétations différentes de ce qui avait été convenu.

Winnipeg est également liée à une relation antérieure issue d’un traité, le Traité de Selkirk de 1817, également connu sous le nom de traité de Peguis-Selkirk. Cet accord a été conclu dans la région de la rivière Rouge à une époque où la colonisation, la concurrence dans le commerce des fourrures et la pression sur les terres des Anishinaabes et des Cris s’intensifiaient. Les dirigeants des Premières Nations, y compris le chef Peguis, considéraient ce traité comme un accord de paix et de partage qui permettait aux colons de vivre sur des portions de la terre, tandis que les Premières Nations conservaient leur relation inhérente, leurs lois et leurs responsabilités à l’égard du territoire.

 Pour les visiteurs d’aujourd’hui, ce mocassin nous rappelle que la présence des Ojibwés sur le territoire du Traité 1 est ancienne et perdure. Grâce à sa peau de cerf fumée, à ses motifs floraux Prairie Smoke, à son revers perlé, à sa semelle souple, à son bout pointu et à l’utilisation équilibrée du cuir ajouré et des perles, le mocassin ojibwe incarne le mouvement, la résilience, la beauté et le savoir lié à la terre. Dans le contexte de Moccasin Identifier, il invite les apprenants à comprendre le Traité 1 non seulement comme un accord historique, mais aussi comme une relation vivante enracinée dans la terre, la responsabilité, le respect et l’importance de tenir ses promesses.

This project has been made possible in part by the Government of Canada.
Ce projet a été rendu possible en partie grâce au gouvernement du Canada.