Le mukluk déné symbolise les peuples dénés et, plus largement, la présence autochtone dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest, notamment les communautés dénés, métisses et inuites, dont les liens avec les terres du Nord sont façonnés par la mobilité, les connaissances saisonnières, la chasse, le piégeage, la pêche, les liens de parenté et la gouvernance. Dans la collection de Moccasin Identifier, ce mukluk est lié à Yellowknife, aux territoires du Nord-Ouest, et au traité 11, signé en 1921-1922.
Ce mukluk reflète le savoir-faire des peuples du Nord en matière de conception, adapté aux températures de l’Arctique et de la région subarctique. Il s’agit d’une botte en deux parties, arrivant au genou, dotée d’une semelle dure ou souple, confectionnée en peau d’élan fumée et en peau de caribou. La fourrure de castor autour du mollet, la doublure isolante en laine et les couches extérieures en molleton témoignent du savoir-faire pratique nécessaire pour assurer la chaleur, la protection et la mobilité dans les terres du Nord.
Sur le plan matériel et artistique, ce mukluk déné est à la fois fonctionnel et porteur d’une expression personnelle. L’empeigne et la partie supérieure du bas sont ornées de motifs floraux représentant des dryades des montagnes, avec un motif brodé qui se répète tout autour de la bordure florale supérieure. Les motifs des mukluks peuvent également inclure des piquants de porc-épic multicolores, des perles, de la broderie en soie ou du touffetage de poils d’élan, le style final étant façonné par le fabricant, la personne qui les porte, la région et l’usage prévu. De cette façon, le mukluk reflète à la fois les traditions de conception nordiques partagées et l’identité individuelle.
Ce mukluk permet également de découvrir le traité 11, le dernier des traités numérotés. Le traité 11 a été signé à partir de 1921 et couvre une vaste zone dans certaines parties des territoires actuels du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut. Le résumé des traités explique que les traités numérotés ont été conclus à une époque de grands changements, alors que le Canada s’étendait vers l’ouest et le nord, que les nouveaux arrivants s’installaient sur les terres autochtones, que les maladies touchaient de nombreuses communautés et que l’intérêt du gouvernement pour les terres et les ressources augmentait.
Dans le Nord, le traité 11 était étroitement lié à l’intérêt croissant pour les ressources, y compris les perspectives pétrolières dans la région du Mackenzie. Du point de vue des Premières Nations, les traités numérotés étaient considérés comme des accords sacrés pour partager la terre et vivre pacifiquement ensemble, et non comme la vente ou la cession de terres. Les discussions sur les traités comprenaient des cérémonies et des promesses orales, qui avaient une signification et une responsabilité profondes. On avait promis aux chefs des Premières Nations une aide sous forme de nourriture, de médicaments, d’écoles, d’outils agricoles, ainsi que le maintien de leur droit de chasser, de pêcher et de poser des pièges.
Bon nombre de ces promesses orales n’ont pas été pleinement reflétées dans les documents écrits ou ont été rompues par la suite, ce qui a causé un préjudice durable et donné lieu à des interprétations différentes de ce qui avait été convenu. Pour de nombreuses communautés autochtones, le traité 11 reste un accord vivant lié à la terre, aux droits, au partage des ressources, à la gouvernance et à la responsabilité.
Pour les visiteurs d’aujourd’hui, ce mukluk nous rappelle que la présence autochtone dans les territoires du Nord-Ouest est ancienne et perdure. Grâce à sa peau d’élan fumée, à sa peau de caribou, à sa fourrure de castor, à son isolation en laine, à ses motifs floraux et à sa structure à hauteur de genou, le mukluk déné incarne le savoir du Nord, la résilience, l’autodétermination et les relations durables avec la terre. Dans le contexte de Moccasin Identifier, il invite les apprenants à comprendre le Traité 11 non seulement comme un accord historique, mais aussi comme une relation vivante enracinée dans la terre, le mouvement, le respect et l’importance de tenir ses promesses.