Mocassin d’Edmonton

Le mocassin cri symbolise les peuples cris et, plus largement, la présence autochtone sur l’ensemble du territoire du traité 6, notamment les communautés cries, saulteaux, nakoda sioux, blackfoot, ojibwés, dénésulines et métisses, dont les liens avec les Prairies s’expriment à travers les déplacements, les liens de parenté, les cérémonies, le commerce, la gouvernance et le respect de la terre. Dans la collection de Moccasin Identifier, ce mocassin est lié à Edmonton, en Alberta, et au Traité 6, signé en 1876.

Ce mocassin reflète le savoir-faire en matière de conception des Plaines, façonné par le paysage, le mouvement et les relations avec les matériaux. Il s’agit d’un mocassin en deux parties, arrivant à la cheville, doté d’une empeigne entièrement perlée et d’un revers relevé, confectionné en peau d’élan fumée. Les mocassins de style des Plaines comprennent à la fois des modèles à semelle dure et à semelle souple, chacun étant adapté à différents terrains et utilisations. Ce modèle est à semelle souple, le cuir étant froncé autour de la pointe pour former un subtil effet plissé.

Sur le plan matériel et artistique, ce mocassin cri est à la fois fonctionnel et beau. Le revers et l’empeigne sont décorés de fleurs de rose sauvage et de vignes, y compris un motif de cinq pétales, de quatre feuilles et de deux bourgeons. La broderie florale en perles reflète les relations avec les plantes, le lieu et les terres d’origine des Prairies, tandis que la structure du mocassin témoigne de la mobilité sur le territoire et des connaissances pratiques intégrées à la conception de la chaussure.

Ce mocassin permet également de découvrir le Traité 6, l’un des Traités numérotés. Le Traité 6 a été signé en 1876 à Fort Carlton et à Fort Pitt, et ses limites s’étendent sur les parties centrales de l’Alberta et de la Saskatchewan actuels. Le résumé des traités explique que les traités numérotés ont été conclus à une époque de grands changements, alors que le Canada s’étendait vers l’ouest, que les nouveaux arrivants s’installaient sur les terres des Premières Nations, que les maladies touchaient de nombreuses communautés et le bison (élément central de l’alimentation, de l’habillement, de la culture et de la vie des Plaines) était en voie de disparition.

Du point de vue des Premières Nations, les traités numérotés étaient considérés comme des accords sacrés pour partager la terre et vivre pacifiquement ensemble, et non comme la vente ou la cession de terres. Les discussions sur les traités comprenaient des cérémonies et des promesses orales, qui avaient une signification et une responsabilité profondes. On avait promis aux chefs des Premières Nations une aide sous forme de nourriture, de médicaments, d’écoles, d’outils agricoles, ainsi que le maintien de leur droit de chasser, de pêcher et de poser des pièges. Le Traité 6 est notamment resté dans les mémoires pour sa clause relative à la trousse de premiers secours et celle concernant la famine et les épidémies, qui reflétaient les préoccupations des chefs quant à la santé, à la sécurité et à la survie des générations futures.

Bon nombre de ces promesses orales n’ont pas été pleinement reflétées dans les documents écrits ou ont été rompues par la suite, ce qui a causé un préjudice durable et donné lieu à des interprétations différentes de ce qui avait été convenu. Pour de nombreuses communautés des Premières Nations, les traités demeurent des promesses vivantes qui continuent d’impliquer des responsabilités aujourd’hui. Honorer le Traité 6 signifie comprendre ces promesses à travers les relations, le respect, la terre, les cérémonies et la responsabilité.

Pour les visiteurs d’aujourd’hui, ce mocassin nous rappelle que la présence des Cris sur le territoire du Traité 6 est ancienne et perdure. Grâce à sa peau d’élan fumée, à ses perles Wild Rose, à son revers montant et à sa semelle souple, le mocassin cri incarne la résilience, le mouvement, la beauté et le savoir des Prairies. Dans le contexte de Moccasin Identifier, il invite les apprenants à comprendre le Traité 6 non seulement comme un accord historique, mais aussi comme une relation vivante enracinée dans la terre, la cérémonie, la responsabilité, le respect et l’importance de tenir ses promesses.

This project has been made possible in part by the Government of Canada.
Ce projet a été rendu possible en partie grâce au gouvernement du Canada.